
Payer votre prime de décennale ne suffit pas à garantir votre couverture. La majorité des refus d’indemnisation proviennent d’erreurs de gestion de contrat que vous pouvez pourtant anticiper et éviter.
- Un libellé d’activité inadapté est la première cause de non-garantie pour des travaux comme la pose de pergolas.
- L’absence de vérification rigoureuse de l’assurance de vos sous-traitants engage directement votre propre responsabilité en cas de sinistre.
Recommandation : Considérez votre contrat non comme une charge, mais comme un outil. Auditez-le au moins une fois par an pour vous assurer qu’il couvre bien la réalité de vos chantiers.
Chaque année, vous réglez votre prime d’assurance décennale. C’est un réflexe, une obligation légale depuis la loi Spinetta de 1978, et surtout, la promesse d’une tranquillité d’esprit pour les dix prochaines années. Vous êtes menuisier, vous travaillez le bois, l’aluminium ou le PVC, et vous pensez être protégé pour tous les ouvrages que vous réalisez. Cette certitude, pourtant, est souvent une illusion. En tant que courtier spécialisé en assurances construction, je vois trop d’artisans découvrir avec effroi, après un sinistre, que leur contrat contenait une « zone grise » ou une exclusion qu’ils n’avaient jamais anticipée.
Le problème ne vient pas de l’assurance décennale elle-même, mais d’une vision passive de celle-ci. Beaucoup la considèrent comme un bouclier immuable acheté une fois pour toutes. La réalité est bien différente. Les techniques évoluent, vos chantiers se diversifient (pergolas bioclimatiques, volets connectés…), et les réglementations (comme la RE2020) se durcissent. Votre contrat, lui, reste figé sur la base de votre déclaration d’activité initiale. Sans un audit régulier, l’écart entre votre activité réelle et votre couverture déclarée se creuse, créant des failles béantes dans votre protection.
Cet article n’est pas une simple liste de ce qui est couvert ou non. Il adopte une perspective radicalement différente : celle de la gestion de risque active. Nous allons analyser ensemble les pièges les plus courants, non pas pour vous effrayer, mais pour vous donner les clés pour les déjouer. L’objectif est de vous transformer d’un « payeur passif » en un gestionnaire averti de votre propre couverture. Vous apprendrez pourquoi la déclaration d’activité est le pilier de votre protection, comment la responsabilité de vos sous-traitants peut se retourner contre vous, et comment transformer votre contrat d’une charge subie en un levier stratégique pour votre entreprise.
Pour naviguer efficacement à travers les complexités de votre couverture, nous avons structuré cet article autour des questions concrètes que tout menuisier se pose. Chaque section aborde un piège potentiel et vous fournit des solutions pragmatiques pour l’éviter.
Sommaire : Comprendre les angles morts de votre assurance décennale de menuisier
- Pourquoi poser une pergola bioclimatique n’est pas couvert par votre décennale « Menuiserie intérieure/extérieure » ?
- Loi de 1975 : pourquoi devez-vous vérifier l’assurance de vos sous-traitants pour être couvert ?
- Garantie de bon fonctionnement (2 ans) ou Décennale (10 ans) : dans quelle case tombe un volet roulant en panne ?
- L’erreur d’oublier de déclarer un gros chantier hors-norme à votre assureur avant de commencer
- Quand renégocier votre décennale : comment la baisse de sinistralité peut réduire votre prime ?
- Pourquoi l’expert d’assurance refusera votre indemnisation en cas d’absence de compribande ?
- L’erreur de déclaration d’activité qui peut bloquer votre assurance décennale
- Quand les nouvelles règles RE2020 s’imposent-elles à vos petits chantiers de rénovation ?
Pourquoi poser une pergola bioclimatique n’est pas couvert par votre décennale « Menuiserie intérieure/extérieure » ?
C’est l’un des malentendus les plus coûteux pour un menuisier. Vous avez un contrat « Menuiserie extérieure » et vous pensez logiquement que la pose d’une pergola, structure extérieure par excellence, est couverte. En réalité, pour un assureur, la nature de l’ouvrage est plus complexe. Une pergola bioclimatique, surtout si elle est adossée à la façade, implique des problématiques qui dépassent la simple menuiserie. Elle touche à l’étanchéité de la jonction avec le bâti et parfois à des éléments de structure. Or, votre libellé d’activité de base ne mentionne probablement pas ces compétences spécifiques.
L’expert en assurance, en cas de sinistre (infiltration d’eau via la fixation murale, par exemple), ne regardera qu’une seule chose : votre attestation d’assurance. Si l’activité « Travaux d’étanchéité » ou « Installation de protections solaires » n’y figure pas explicitement, il conclura à une exclusion de garantie. La conséquence est brutale : vous êtes seul responsable des réparations. C’est là que l’audit actif de votre contrat prend tout son sens. Avant d’accepter ce type de chantier en plein essor, vous devez impérativement contacter votre courtier ou assureur pour mettre à jour votre déclaration d’activité. L’ajout de libellés spécifiques est souvent une formalité simple qui vous évitera un désastre financier.
Pour être certain de couvrir ces nouvelles prestations, voici les activités complémentaires à faire ajouter à votre contrat. Il est crucial d’anticiper et de ne pas attendre un sinistre pour découvrir une faille dans votre couverture.
Plan d’action : 3 libellés à ajouter pour couvrir la pose de pergolas
- Installation de protections solaires : Ce libellé couvre spécifiquement la pose de stores, pergolas et brise-soleil, ne laissant aucune place à l’interprétation.
- Travaux d’étanchéité de toitures-terrasses : Indispensable pour sécuriser la jonction entre la pergola et la façade du bâtiment et prévenir les risques d’infiltration.
- Aménagements extérieurs : Une catégorie plus large qui peut englober les structures non porteuses comme les pergolas autoportantes et les terrasses attenantes.
Cet effort d’anticipation est la meilleure assurance contre les mauvaises surprises. Une simple discussion avec votre assureur en amont peut transformer un risque majeur en une opportunité commerciale sécurisée.
Loi de 1975 : pourquoi devez-vous vérifier l’assurance de vos sous-traitants pour être couvert ?
En tant qu’entreprise principale, vous êtes le seul et unique responsable vis-à-vis du client final, le maître d’ouvrage. Cette règle est intangible. Si vous confiez une partie du travail à un confrère ou à une autre entreprise (un électricien pour le raccordement d’un volet, un maçon pour un support), vous endossez la pleine responsabilité de son travail. La loi est très claire à ce sujet : le sous-traitant n’a pas de lien contractuel direct avec votre client. Comme le rappelle la Direction de l’information légale et administrative, les sous-traitants sont exclus du champ d’application de la garantie décennale vis-à-vis du maître d’ouvrage, mais ils restent responsables envers vous, le constructeur principal.
Qu’est-ce que cela signifie concrètement ? Si votre sous-traitant commet une malfaçon et qu’il n’est pas assuré, c’est votre propre assurance décennale qui sera sollicitée. Cependant, votre assureur se retournera contre vous si vous n’êtes pas en mesure de prouver que vous avez rempli votre devoir de vigilance. Ce devoir consiste à vérifier, avant le début de son intervention, que votre sous-traitant est bien titulaire d’une assurance décennale valide, pour l’activité concernée et pour la période du chantier. Ne vous contentez jamais d’une simple affirmation orale ou d’une attestation datant de l’année précédente.

La seule protection valable est de systématiser un processus de vérification rigoureux pour chaque intervenant extérieur. Cette démarche, loin d’être une marque de défiance, est une preuve de votre professionnalisme et la seule garantie de ne pas payer pour les erreurs des autres.
Pour transformer cette obligation en un réflexe simple, voici la liste de contrôle minimale à appliquer avant toute collaboration. Il ne s’agit pas de formalités administratives, mais de la protection de la pérennité de votre propre entreprise. Selon une check-list recommandée par les professionnels du secteur, trois points sont non négociables.
Ignorer cette étape de vérification, c’est comme laisser la porte de votre entreprise grande ouverte à des risques financiers que vous ne maîtrisez pas. C’est un pari que vous ne pouvez pas vous permettre de perdre.
Garantie de bon fonctionnement (2 ans) ou Décennale (10 ans) : dans quelle case tombe un volet roulant en panne ?
C’est une « zone grise » classique. Un volet roulant électrique que vous avez posé tombe en panne 18 mois après la réception du chantier. Le client vous appelle, furieux. Est-ce un problème couvert par votre décennale ? La réponse est : probablement pas. Il faut ici distinguer deux garanties fondamentales qui se succèdent : la garantie de bon fonctionnement (ou garantie biennale) et la garantie décennale. La loi (via l’article 1792 du code civil) définit le périmètre de la décennale : elle couvre les dommages qui compromettent la solidité de l’ouvrage ou le rendent impropre à sa destination.
La garantie de bon fonctionnement, d’une durée de deux ans, couvre quant à elle les « éléments d’équipement » qui sont dissociables de l’ouvrage sans le détériorer. Un volet roulant, une poignée de porte, un interphone ou un moteur de portail entrent typiquement dans cette catégorie. La panne du moteur du volet est un dysfonctionnement, mais elle ne rend pas la maison inhabitable (impropre à sa destination) ni ne menace ses murs (solidité). C’est donc la garantie biennale qui s’applique.
Alors, où est le piège ? La confusion. Le client, entendant parler de « garantie 10 ans », pense que tout est couvert pour une décennie. Il est de votre devoir de pédagogue de clarifier ces points. Mais le vrai risque pour vous est de croire à tort que votre décennale vous couvrira pour ce type de panne et de ne pas souscrire de garantie biennale optionnelle ou de ne pas provisionner ce risque. Attention cependant, il existe une exception : si la panne du volet roulant entraîne une impropriété à destination (par exemple, dans une chambre de personne à mobilité réduite où c’est le seul moyen d’occultation et de sécurité), un expert pourrait requalifier le sinistre en désordre de nature décennale. La nuance est fine et dépend du contexte.
En résumé, pour les éléments d’équipement mobiles : pensez « biennale » par défaut. La décennale est une assurance pour les « gros pépins » structurels, pas pour l’usure ou la panne des composants.
L’erreur d’oublier de déclarer un gros chantier hors-norme à votre assureur avant de commencer
Vous venez de signer le chantier de votre carrière : l’équipement en menuiseries de tout un petit immeuble de bureaux ou d’une villa d’architecte. L’enthousiasme est à son comble, mais le risque l’est tout autant. Votre contrat d’assurance décennale est calibré sur la base de votre chiffre d’affaires annuel et de la taille moyenne de vos chantiers habituels. Un projet exceptionnel, par son montant ou sa technicité, sort de ce cadre et représente un pic de risque que votre assureur n’a pas anticipé.
La plupart des contrats d’assurance contiennent une clause vous obligeant à déclarer tout chantier dont le montant dépasse un certain seuil. Généralement, les courtiers estiment qu’un chantier dépassant 20 à 30% de votre chiffre d’affaires annuel doit faire l’objet d’une déclaration préalable. Omettre cette formalité, c’est prendre le risque que l’assureur applique une règle de proportionnelle de prime en cas de sinistre, réduisant votre indemnisation, voire qu’il refuse complètement sa garantie pour fausse déclaration du risque.
Pire encore, la temporalité est cruciale. Comme le souligne Decennale.com, la garantie décennale n’est pas valable pour une construction lorsqu’elle a été souscrite après l’ouverture du chantier. Cette règle s’applique aussi à la déclaration d’un chantier exceptionnel. Vous devez obtenir l’accord de votre assureur avant le premier coup de pioche. Cette démarche peut entraîner une surprime ponctuelle pour couvrir le risque additionnel, mais ce coût est dérisoire comparé à la perspective de devoir assumer seul un sinistre sur un chantier de plusieurs centaines de milliers d’euros. C’est le principe même de « l’audit de risque projeté » : ne pas regarder votre contrat par rapport à vos chantiers passés, mais par rapport à ceux à venir.
Considérez votre assureur non comme un contrôleur, mais comme un partenaire de risque. Informez-le, et il vous couvrira. Cachez-lui un risque, et il se protégera de vous.
Quand renégocier votre décennale : comment la baisse de sinistralité peut réduire votre prime ?
La prime d’assurance décennale n’est pas une fatalité gravée dans le marbre. Elle est le reflet de votre « profil de risque » tel que perçu par l’assureur. Ce profil évolue avec votre entreprise : votre expérience s’accroît, votre chiffre d’affaires change, et surtout, votre historique de sinistres se construit. Si vous avez passé plusieurs années sans déclarer le moindre sinistre, vous n’êtes plus le même risque qu’un jeune créateur d’entreprise. Vous êtes devenu un « bon risque », et cela a une valeur monétaire.
Une faible sinistralité est le levier de négociation le plus puissant dont vous disposez. Trop d’artisans laissent leur contrat se reconduire tacitement année après année, sans jamais remettre en question le montant de leur prime. C’est une erreur. L’échéance annuelle de votre contrat est le moment idéal pour faire le point avec votre courtier et demander une réévaluation de votre tarif. Mettez en avant votre absence de sinistres, la mise en place de processus qualité (comme la vérification systématique des sous-traitants), ou l’obtention de qualifications (RGE, etc.). Ces éléments sont des preuves tangibles de votre professionnalisme et de la baisse de votre profil de risque.
Le tableau ci-dessous illustre comment les primes évoluent en fonction de l’expérience et de la structure de l’entreprise. Il montre clairement que le rapport prime/CA s’améliore avec l’expérience et la taille, mais il ne prend pas en compte le facteur clé de la sinistralité, qui peut encore optimiser ces chiffres.
| Profil | CA annuel | Prime annuelle indicative |
|---|---|---|
| Auto-entrepreneur en création | 32 600€ | 1 000€ |
| Menuisier avec 5 ans d’expérience | 80 000€ | 1 200€ |
| SARL 3 ans + 2 salariés | 130 000€ | 1 800€ |

N’attendez pas que votre assureur baisse votre prime de lui-même. Prenez l’initiative, préparez votre dossier et engagez la discussion. Chaque euro économisé est une marge nette supplémentaire pour votre entreprise.
Pourquoi l’expert d’assurance refusera votre indemnisation en cas d’absence de compribande ?
Voici un piège purement technique, mais aux conséquences dévastatrices. Un client vous signale des infiltrations d’air autour d’une fenêtre que vous avez posée. L’expert d’assurance se déplace et son diagnostic est sans appel : refus d’indemnisation. La raison ? L’absence ou la mauvaise pose d’un joint compribande, ou le non-respect des règles de calage. Pour l’assureur, ce n’est pas une simple malfaçon, c’est une non-conformité aux Documents Techniques Unifiés (DTU), les fameuses « règles de l’art » de la construction.
Votre contrat d’assurance décennale repose sur un postulat implicite : vous vous engagez à construire dans le respect des normes en vigueur. Comme le précise le site fenetre123.fr à propos du DTU 36.5, celui-ci « réglemente la mise en œuvre des menuiseries extérieures ainsi que le choix des produits installés ». Si un expert prouve que le dommage résulte directement du non-respect d’une de ces règles, l’assureur peut invoquer une « faute intentionnelle » ou une « négligence grave » pour refuser sa garantie. Il considérera que vous n’avez pas mis en œuvre les moyens techniques reconnus pour éviter le sinistre.
Le DTU 36.5 est particulièrement strict sur les points de calfeutrement et de fixation. L’utilisation de mousse PU comme seul moyen de fixation, un calage insuffisant ou des fixations trop espacées sont autant de « cartons rouges » pour un expert. La seule façon de vous protéger est une maîtrise parfaite de ces normes et, surtout, la capacité à prouver que vous les avez respectées. Prendre des photos des étapes clés de la pose (calage, application du compribande, fixation) est une précaution simple qui peut vous sauver en cas de litige.
Votre plan d’action pour une conformité DTU 36.5
- Compribande : Utilisez-le systématiquement pour le calfeutrement d’étanchéité à l’air et à l’eau, en choisissant la bonne largeur en fonction du jeu.
- Calage : Assurez un calage conforme avec des cales de 5 mm d’épaisseur minimum en partie basse, et des cales périphériques pour la stabilité.
- Fixation : N’utilisez que des vis ou des chevilles adaptées au support. La mousse expansive ne doit jamais être considérée comme un élément de fixation.
- Distances : Respectez un espacement maximal de 800 mm entre les fixations et une distance de 100 à 150 mm par rapport aux angles du dormant.
- Documentation : Prenez des photos datées des étapes critiques de la pose (avant recouvrement) comme preuve de votre bonne mise en œuvre.
Votre savoir-faire technique est votre première assurance. La maîtrise et l’application rigoureuse des DTU ne vous protègent pas seulement des sinistres, elles protègent aussi votre portefeuille.
L’erreur de déclaration d’activité qui peut bloquer votre assurance décennale
Nous revenons au point de départ, car c’est le plus fondamental et le plus souvent négligé. La déclaration d’activité est la pierre angulaire de votre contrat d’assurance. C’est ce document, rempli lors de la souscription, qui définit précisément le périmètre de votre couverture. Toute activité que vous exercez mais qui n’est pas explicitement listée dans votre contrat est, par défaut, non garantie. C’est aussi simple et brutal que cela. L’exemple de la pergola était parlant, mais cela s’applique à de nombreux autres domaines.
Vous êtes menuisier bois, mais vous commencez à poser de plus en plus de menuiseries en aluminium ou en PVC ? Si votre contrat ne mentionne que « Menuiserie bois », vous êtes en danger. Vous réalisez de l’agencement intérieur, mais votre contrat ne couvre que la « Menuiserie extérieure » ? En cas de problème sur une bibliothèque sur-mesure, vous ne serez pas couvert. L’erreur est de penser que des activités « proches » ou « logiques » sont implicitement incluses. En assurance, l’implicite n’existe pas. Seul l’écrit compte.

Le pire ennemi de l’artisan est l’évolution silencieuse de son propre métier. Vous diversifiez vos compétences et vos prestations pour répondre à la demande, ce qui est une excellente stratégie commerciale. Mais si vous ne faites pas évoluer votre contrat d’assurance en parallèle, vous créez un décalage dangereux. L’audit annuel de votre contrat doit donc commencer par une question simple : « La liste des activités sur mon attestation d’assurance reflète-t-elle encore à 100% tous les types de chantiers que je réalise aujourd’hui ? ». Si la réponse est « non » ou « peut-être », une mise à jour s’impose d’urgence.
Ne laissez pas une simple formalité administrative devenir la cause de votre ruine. Une déclaration d’activité précise et à jour n’est pas de la paperasse, c’est le blindage de votre entreprise.
À retenir
- Votre contrat de décennale est un document vivant qui doit évoluer avec votre activité réelle.
- La vérification de l’assurance de vos sous-traitants est une obligation de vigilance qui engage votre propre responsabilité.
- Le respect scrupuleux des DTU n’est pas une option technique, mais une condition essentielle à la validité de votre garantie.
Quand les nouvelles règles RE2020 s’imposent-elles à vos petits chantiers de rénovation ?
La Réglementation Environnementale 2020 (RE2020) est souvent associée aux constructions neuves. Cependant, ses exigences de performance s’infiltrent progressivement dans le secteur de la rénovation, et cela a un impact direct sur votre métier de menuisier et vos obligations. Depuis le 1er janvier 2023, lors de rénovations importantes, les exigences de la RE2020 s’appliquent. Mais même pour des chantiers plus modestes, comme le simple remplacement de fenêtres, les exigences de performance minimales ont été rehaussées.
En effet, bien que la RE2020 ne s’applique pas « en bloc » à tous les petits chantiers, les décrets qui en découlent imposent des performances minimales pour les produits installés lors de travaux de rénovation. Ne pas installer des menuiseries conformes à ces seuils peut être considéré comme une non-conformité réglementaire. En cas de litige, notamment sur les performances énergétiques du logement, un expert pourrait pointer votre responsabilité. Vous avez un devoir de conseil envers votre client, qui inclut l’obligation de lui proposer des produits respectant la réglementation en vigueur.
Pour vous, menuisier, cela signifie que vous devez parfaitement maîtriser les indicateurs de performance clés et vous assurer que les produits que vous commandez et installez les respectent. Le choix d’une fenêtre ne se fait plus seulement sur l’esthétique ou le prix, mais sur des critères techniques précis qui conditionnent la validité de votre intervention.
Le tableau suivant résume les principaux critères de performance imposés par la RE2020 pour les menuiseries, qui deviennent de fait le standard de référence même en rénovation.
| Critère | Valeur de référence | Signification |
|---|---|---|
| Coefficient Uw | ≤ 1,4 W/m².K | Performance de l’isolation thermique de la fenêtre complète |
| Coefficient Ug | ≤ 1,1 W/m².K | Performance de l’isolation thermique du vitrage seul |
| Facteur solaire Sw | ≥ 0,4 | Capacité de la fenêtre à laisser passer la chaleur du soleil |
Prenez dès aujourd’hui le contrôle de votre couverture. Ne subissez plus votre contrat : pilotez-le. Contactez votre courtier pour effectuer un audit complet de vos garanties et assurez-vous que votre protection est aussi solide que vos ouvrages.